Le week-end qui suivit, Rachel resta. Son frère et ses parents étaient partis acheter les cadeaux de Noël sans qu’elle ait envie d’y aller avec eux. De plus, elle trouvait qu’ils s’y étaient mis un peu tard.
Dehors, signe que l’hiver s’était définitivement installé, la neige s’était enfin mise à tomber de bon matin, et un joli épais manteau blanc commençait à se former. Assise sur le rebord intérieur de sa fenêtre, Rachel contemplait l’extérieur, quand la sonnette d’entrée se fit entendre dans toute la maison. Elle sortit de son antre, dévala les escaliers et ouvrit la porte. Quelle ne fut pas sa surprise de voir Erwan à l’entrée.
- Salut. Tu vas bien ?
- Oui et toi ? Demanda la jeune femme avec un léger sourire. Entre.
Erwan ne se fit pas prier pour franchir le pas de la porte. Rachel lui prit son blouson et son écharpe pour les accrocher au portemanteau.
- Mika n’est pas là ?
- Non, il est allé faire les courses de Noël avec les parents.
- Tant mieux. C’est toi que je voulais voir.
- Ah…
Erwan s’installa bien confortablement dans un fauteuil du salon. Soudainement, Rachel n’était pas rassurée. Bizarrement, elle avait peur de ce qu’il allait dire. Elle resta debout, plantée au milieu du salon, en face du jeune homme. Erwan lui demanda de fermer les yeux, presque de façon autoritaire. Malgré ses appréhensions, elle s’exécuta. Il se leva et vint lui prendre une main, dans laquelle il posa un petit paquet.
- Qu’est-ce que c’est ? Et pourquoi ? Demanda Rachel.
- C’est un cadeau de Noël. C’est pour te remercier d’être venue avec moi la dernière fois.
- Mais non. Je l’ai fait avec plaisir. J’aime beaucoup ce groupe, dit-elle. Tiens.
Elle lui tendit le paquet qu’il lui avait donné.
- Non, c’est à toi maintenant, répondit-il en le repoussant de la main. Tu l’ouvriras quand je serai parti.
- Mais moi, je n’ai rien à t’offrir, continua Rachel, confuse. Si, je peux commencer par t’offrir à boire.
Rachel était déjà partie dans la cuisine avant qu’Erwan n’ait pu dire un mot. Il la suivit pour lui dire que ce n’était pas la peine. Quand il entra dans la pièce, la jeune femme essayait de prendre un verre dans un placard en hauteur, et un autre verre tomba. Erwan le rattrapa de justesse en tenant Rachel par la taille. Elle fut surprise, ses joues virèrent au rouge. Elle sentit le souffle chaud du jeune homme contre son oreille.
- Tu es encore plus mignonne quand tu rougis, murmura-t-il.
Erwan desserra son étreinte et posa le verre en sécurité. Après son départ, Rachel était toujours aussi confuse. Elle décida d’ouvrir le paquet posé sur la table du salon. Il y avait un petit écrin et, à l’intérieur, une chaîne en or blanc avec un pendentif en forme de cristal de neige. Un mot y était ajouté :
Aussi froide que la glace mais aussi belle que ce cristal.
Elle fit danser le collier entre ses doigts puis le mit à son cou. Elle monta dans sa chambre. Devant une glace, elle regarda les diamants du pendentif briller d’un éclat étrange. Elle rangea tout sous son pull et attendit que ses parents arrivent.
A Noël, ces derniers lui offrirent des cadeaux plus impersonnels les uns que les autres, des vêtements. Son frère était plus conscient de ce qui lui plaisait. Il lui offrit des livres, des dizaines de livres et de BD.
La fin du mois de janvier s’annonçait encore plus froide que décembre, quand ils reprirent les cours. La neige avait formé un épais manteau sur toute la ville. Mika accompagna Rachel au lycée, car elle avait de la peine à marcher dans la neige. De plus, les trottoirs dégagés étaient verglacés. Ils étaient à peines arrivés que Mika était déjà sollicité pour des problèmes liés à la rentrée. Il lâcha salement sa petite sœur devant son casier.
- Coucou !! Ça va ? J’espère que tu as passé de bonnes fêtes ? Dit une voix que la jeune femme commençait à connaître.
- Bonnes. Et toi ? Demanda Rachel en esquissant un sourire à Erwan.
- Oh, pour le mieux ! Je vois que ton frère est déjà en train de courir dans tous les sens, c’est ça le matin de la rentrée.
- Oui, ça lui fait du bien. Pendant ces dernières vacances, je trouve qu’il a un peu grossi, avec les repas de fêtes.
Erwan proposa à Rachel de l’accompagner jusqu’à sa salle. Ensuite, chaque jour au matin, il fît de même. Il s’occupa de Rachel. Suite à cela, au fil des semaines, Rachel devint populaire pour son plus grand déplaisir. Elle voulait être tranquille et son frère ne faisait rien pour arranger les choses.
Un jour, entre midi et deux heures, elle avait trouvé un lieu de paix où personne n’irait la chercher. La salle de musique était un vaste lieu de calme et un grand piano à queue trônait en son centre. L’envie de pianoter quelques notes devint irrésistible pour la jeune femme qui pratiquait depuis plusieurs années. Après quelques gammes d’échauffement, une douce mélodie triste se fit entendre. La porte de la salle s’ouvrit et se referma sans un bruit. Rachel fut surprise par deux mains qui se posèrent sur ses épaules. Elle s’arrêta de jouer.
- Non, continue. Tu joues très bien.
- Tu sais, il y a des choses que tu ne sais pas sur moi, Erwan.
- Ce n’est pas plus mal, dit Erwan en souriant.
- Peux-tu faire en sorte que les élèves arrêtent de me faire des courbettes ? C’est chiant ! J’aime ma tranquillité.
- Tout le monde te fait de la lèche. Que c’est mignon. Ton frère Mika et Loral sont tout puissants au conseil des élèves. C’est pour ne pas avoir de problème.
- Et toi ? Demanda Rachel.
- Moi, je…
Erwan laissa sa phrase en suspend. Rachel comprit ce qu’il voulait dire et lui fit un tendre sourire.
- Tu sais, j’ai trouvé le cadeau que tu pouvais me faire pour me remercier de l’autre.
- Et c’est quoi ? Demanda Rachel en se tournant vers lui.
- Ça…
Erwan se pencha et embrassa délicatement les lèvres de la jeune fille. Puis il sortit de la pièce. Rachel ne bougea plus, tant sa surprise était grande. Quand elle reprit ses esprits, elle se dit qu’il fallait qu’elle voie son frère. Pour savoir s’il était au courant. Elle se mit à déambuler dans les couloirs, presque vides à cette heure-ci, mais par chance, elle trouva quelqu’un qui lui indiqua une salle dans un autre bâtiment. Arrivée à l’endroit dit, Rachel s’arrêta devant la porte, entendant des voix. Elle reconnut facilement celle de son frère mais pas l’autre.
- Ces dossiers me passent complètement au-dessus, dit Mika.
- Tu as commencé à lui en parler ?
- Je ne vois pas par où commencer. Je ne veux pas la décevoir. Si ce n’était que moi, il n’y aurait que nous deux.
- Il y a certaines personnes qui se posent des questions.
- Pour moi, il n’y a qu’une chose qui compte.
- Et c’est quoi ? Questionna malicieusement l’autre voix.
- Toi.
Rachel en avait déjà trop entendu. Elle ne voulait plus ouvrir la porte, de peur de les déranger. Ses troubles attendraient.
A la fin de la journée, l’accumulation de petits faits tourmentait Rachel. Rien n’allait plus dans son monde. Et plus que toute autre chose, elle se demandait qui était cette autre personne à laquelle son frère tenait beaucoup.
En mode malade... La suite dans deux jours.... Bises à tous...
P.S. : Noubliez de donnez votre avis...
ajouter un commentaire commentaires (1) recommander



Derniers Commentaires